PAUT Jacqueline

06 novembre 2010

Musique sans A

MUSIQUE SANS A

Une musique où vibrent nos émotions

Sur des mots de fête

Et de connivence

Une musique étourdie de sons

Que viennent sillonner

Les rires pudibonds

De très jeunes filles

Une musique pleine de couleurs

Bleues ou ocres

Selon les vœux du cœur

Une musique tendre

Une musique blottie contre ton corps

Qui joue le prélude

D’un violon encor désuet

Une musique fertile

Près d’une terre en éveil

Sous le ciel où grondent

Les lumières sublimes

Une musique berceuse

Une douce mélodie

De rossignols buissonniers

Une musique de toi

Une musique de nous

Une musique de rois

Pour d’intimes rêves

Pour notre vie de promesses

Et d’espoirs

Une musique limpide

Où les colombes se penchent

Sur les fleurs des rives

Une musique pour les hommes

Sereine sous l’ombre de l’olivier

Une musique de soleil

Sur ce monde imprévu

Pour des fruits de joie et d’oubli

Jacqueline Paut

Prix Poésie libre

CREAC 2010

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La couleur des choses

LA COULEUR DES CHOSES

Le vent souffle sur la ville,

Ramenant les volées d’oiseaux

Sur les toits délavés aux parfums de voyages.

Secrets dilapidés par la pluie vengeresse,

Les murmures du temps

Secouent leurs bruines

Avec avidité.

Près des nuages pensifs

Où se battent les eaux grises,

Les collines posent leurs mains de pierre

Jusqu’aux limites de l’horizon.

La couleur des choses

Aborde le tableau d’un peintre imaginaire

Dans le bleu de cendres

Que pleurent les ardoises.

Tout s’immortalise.

La marche de la vie

Prend le chemin du non-retour.

Voici l’heure de rêver l’essentiel

Et cueillir la force de refaire le monde

Dans les eaux blanches

D’un jour de réconciliation.

Jacqueline Paut

Prix Création Poésie Libre 2010

C.R.E.A.C.

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14 mai 2009

LA NOCE AU LOGIS

LA NOCE AU LOGIS

Un écrivain raté, quelque peu alcoolique,

Prit la plume et son pied dans un zeugma épique,

Retraçant çà et là et l’histoire et la fête

Des mots entremêlés de la polysyndète.

De la paronomase, il retrouva les sons,

Ivre du vin des dieux, mais pieux échanson.

Vers le vers léonin, il porta son esprit,

En teintant ses écrits d’un savoir érudit.

Encore un peu groggy de sa piètre rimaille,

Il reprit l’homophone, et fier de sa trouvaille,

S’amusa d’avoir mis sa chanson en rondel,

Brillant maître s’en fut du poème éternel.

Il rencontra un jour une aimable infirmière

Remplie de compassion pour cet apothicaire

De la strophe lyrique et du pur palindrome.

De l’amour elle vit le tout premier symptôme,

En l’appelant depuis, et c’est un euphémisme,

De noms doux à la voix pleine de romantisme.

« Je suis ton coryza, tu es ma redondance,

Viens chez moi te soigner avec effervescence,

Et je te ferai voir ma belle malléole

En échange de toi et de ton hyperbole. »

Là-dessus, il la prit dans ses bras contagieux

Pour courtiser sa muse au regard délicieux.

Et bientôt se passa une agréable vie

En forme de sonnet et de tachycardie.

Aucun petit hiatus ne vint troubler leur flamme,

La fièvre de leur cœur ne brûla pas leur âme.

Neuf mois plus tard naquit, comme l’on s’en doutait,

Un bel enfant qui fut d’Erato le portrait

Et téta goulûment le sein de Polymnie,

Dans l’affection des siens et en toute harmonie.

L’histoire finit là, mais ne dit pas encore

Le destin de chacun dans cette métaphore.

Imaginez-le donc, rêvez à votre guise,

Et faites de l’amour une sage devise.

ENVOI :

La poésie est une douce maladie,

Dieu nous garde d’en être un jour prochain guéris.

Jacqueline Paut

1er prix classique et néo-classique

Rencontres Européennes – Europoésie 2009

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12 avril 2008

Extrait Recueil "Saisons" de Jacqueline PAUT

Printemps

Les pâturages s’isolent dans leur renaissance

Et les brebis minaudent devant les cieux en cavale

Musards

Les sanglots du vent

Balaient la fleur étonnée

Eté

Ce soir on joue Mozart sur la terrasse brûlante

Les mains se frôlent et disparaissent

Jusqu’au fond de la nuit

Ne  vas-tu pas chercher à me torturer

Par tant d’exaltation ?

Automne

Le temps fuit les automnes

Et la fleur penche son cœur

Vers d’autres lumières

Au jardin, le soleil

Gardien de brume

Mûrit les fruits de l’attente

Hiver

Peut-être un souffle dur

Passera sur tes épaule

Pour rejoindre la peur

Où se meuvent sans fin

Des éternités de silence

                                                                                                                                             

Jacqueline PAUT

Le Salon des Poètes de Lyon

2ème Prix Mignardises 2007

Extrait Recueil "Saisons"

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