14 mai 2009
LA NOCE AU LOGIS
LA NOCE AU LOGIS
Un écrivain raté, quelque peu alcoolique,
Prit la plume et son pied dans un zeugma épique,
Retraçant çà et là et l’histoire et la fête
Des mots entremêlés de la polysyndète.
De la paronomase, il retrouva les sons,
Ivre du vin des dieux, mais pieux échanson.
Vers le vers léonin, il porta son esprit,
En teintant ses écrits d’un savoir érudit.
Encore un peu groggy de sa piètre rimaille,
Il reprit l’homophone, et fier de sa trouvaille,
S’amusa d’avoir mis sa chanson en rondel,
Brillant maître s’en fut du poème éternel.
Il rencontra un jour une aimable infirmière
Remplie de compassion pour cet apothicaire
De la strophe lyrique et du pur palindrome.
De l’amour elle vit le tout premier symptôme,
En l’appelant depuis, et c’est un euphémisme,
De noms doux à la voix pleine de romantisme.
« Je suis ton coryza, tu es ma redondance,
Viens chez moi te soigner avec effervescence,
Et je te ferai voir ma belle malléole
En échange de toi et de ton hyperbole. »
Là-dessus, il la prit dans ses bras contagieux
Pour courtiser sa muse au regard délicieux.
Et bientôt se passa une agréable vie
En forme de sonnet et de tachycardie.
Aucun petit hiatus ne vint troubler leur flamme,
La fièvre de leur cœur ne brûla pas leur âme.
Neuf mois plus tard naquit, comme l’on s’en doutait,
Un bel enfant qui fut d’Erato le portrait
Et téta goulûment le sein de Polymnie,
Dans l’affection des siens et en toute harmonie.
L’histoire finit là, mais ne dit pas encore
Le destin de chacun dans cette métaphore.
Imaginez-le donc, rêvez à votre guise,
Et faites de l’amour une sage devise.
ENVOI :
La poésie est une douce maladie,
Dieu nous garde d’en être un jour prochain guéris.
Jacqueline Paut
1er prix classique et néo-classique
Rencontres Européennes – Europoésie 2009
12 avril 2008
Extrait Recueil "Saisons" de Jacqueline PAUT
Printemps
Les pâturages s’isolent dans leur renaissance
Et les brebis minaudent devant les cieux en cavale
Musards
Les sanglots du vent
Balaient la fleur étonnée
Eté
Ce soir on joue Mozart sur la terrasse brûlante
Les mains se frôlent et disparaissent
Jusqu’au fond de la nuit
Ne vas-tu pas chercher à me torturer
Par tant d’exaltation ?
Automne
Le temps fuit les automnes
Et la fleur penche son cœur
Vers d’autres lumières
Au jardin, le soleil
Gardien de brume
Mûrit les fruits de l’attente
Hiver
Peut-être un souffle dur
Passera sur tes épaule
Pour rejoindre la peur
Où se meuvent sans fin
Des éternités de silence
Jacqueline PAUT
Le Salon des Poètes de Lyon
2ème Prix Mignardises 2007
Extrait Recueil "Saisons"